
Difficile à croire, mais oui… le dropshipping est bel et bien légal. Cela consiste à simplifier la chaîne de vente en éliminant l’étape traditionnelle où le commerçant achète des marchandises pour les revendre ensuite. Au lieu de cela, le dropshipper attend de réaliser une vente. Puis, il passe commande auprès de son fournisseur, qui expédie directement le produit au client final.
Dans la pratique, ce modèle est surtout utilisé par les boutiques en ligne. Elles vendent généralement des articles provenant de géants chinois tels qu’Aliexpress. Qui les expédient ensuite directement aux clients à travers le monde. Cette méthode, très attractive sur le papier, attire chaque année des milliers de nouveaux entrepreneurs séduits par la perspective de marges importantes.
Dropshipping : défis et pièges cachés
Cependant, la réalité est bien différente de ce tableau idyllique. En effet, le dropshipping est un marché saturé où la concurrence est féroce. De nombreux sites, souvent gérés par des novices en matière de commerce, proposent les mêmes produits à des prix similaires. Dans cet environnement ultra-compétitif, se démarquer des concurrents devient un vrai défi.
Un exemple concret illustre les difficultés rencontrées par les dropshippers : Cody, un Américain, a investi dans une entreprise avec l’espoir de réaliser des bénéfices rapides. Cependant, il a vite déchanté, comme il le dit dans son interview pour le Monde. Il a constaté que, les frais de port internationaux grignotaient une grande partie de ses marges. En effet, ils sont souvent non pris en charge par les fournisseurs. En plus de cela viennent s’ajouter des coûts supplémentaires, comme l’abonnement à des plateformes telles que Shopify.
Dropshipping : les rouages obscurs
Outre les défis pratiques, le dropshipping présente également des aspects plus troubles. En effet, certaines pratiques douteuses sont monnaie courante dans ce secteur. Des boutiques en ligne peu scrupuleuses utilisent des méthodes frauduleuses pour contourner la législation. Certaines font de la publicité mensongère. D’autres ne respectent pas les droits de rétractation… De plus, des outils permettant de générer de faux commentaires ou des notifications d’achat fictives ont été tolérés pendant un certain temps. Contribuant ainsi à entretenir l’illusion d’un succès commercial éclatant.
Et la loi dans tout ça ?
Le professionnel a la possibilité d’utiliser le dropshipping, une méthode de vente qui n’est pas interdite par la réglementation. Economie.gouv précise qu’il est impératif que le professionnel assure la conformité, la licéité et la sécurité des produits qu’il propose. De plus, il doit être enregistré au registre du commerce et des sociétés, même s’il opère en tant que particulier.
Il est également tenu de respecter les règles régissant la vente à distance, notamment en fournissant au consommateur toutes les informations précontractuelles nécessaires, telles que le droit de rétractation et les conditions de livraison. Enfin, les vendeurs doivent renseigner certaines informations obligatoires. Telles que leurs coordonnées, l’identité de l’hébergeur du site, la date de livraison, les caractéristiques des produits, les prix toutes taxes comprises, les garanties, les modalités de rétractation, ainsi que le formulaire type de rétractation.
Bien que le dropshipping puisse sembler être une opportunité alléchante pour quiconque rêve de réussite sur Internet, la réalité est bien moins reluisante. Entre concurrence acharnée, frais importants et pratiques discutables, le chemin vers le succès dans le monde du dropshipping est semé d’embûches. Avant de se lancer dans cette aventure, il est crucial de bien s’informer sur le cadre légal de ce marché.